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  • TRACT PARISIEN(reproduit dans Lundi Matin)

     

    Nous voici dans la splendeur des commencements. Pourtant, on a toujours à l’arrière du cerveau la sensation que ça va mal finir, que ça finit toujours mal. On ne voudrait pas gâcher la fête mais si le vraisemblable l’emporte, combien parmi nous, dans un an, finiront par voter Juppé pour faire barrage au Front National ? Comment conjurer la hideur du final ? Comment faire advenir l’invraisemblable ? Et si on prenait à la lettre le mot d’ordre : “continuons le début” ?

    Tout a commencé dans la joie d’avoir vaincu la peur et retrouvé le chemin du commun. Qui aurait pu croire, voilà si peu de temps, dans un pays où l’état d’urgence prolongeait l’effet de terreur des attentats, où les écrans nous égaraient entre fausse « questions du voile » et fausse « vague migratoire », que nous serions des centaines de milliers à descendre dans la rue ? Que des milliers de lycéens et d’étudiants affronteraient sans faiblir une répression policière d’une violence qu’on n’avait plus vue depuis Charonne ? Que des dockers bloqueraient le port du Havre, des manifestants occuperaient les voies à Rennes, des lycéens attaqueraient deux commissariats ? Ce qui nous a permis de vaincre l’isolement vers lequel nous ont poussés trente ans d’offensive néo-libérale, c’est la force de la colère.

    Pour que les défilés syndicaux ne soient pas le traditionnel prélude aux capitulations sous forme de « concessions arrachées » et de débuts de carrière pour quelques jeunes chefs, pour que l’occupation des places ne se réduise pas à un vaste groupe de parole préludant au retour d’un « peuple de gauche » dans la cage du réalisme électoral, il faudrait que demeure quelque chose de l’élan initial, de ce moment où la colère commune l’a emporté sur la peur, et où nous somme sortis du cadre. La tolérance gouvernementale envers l’occupation des places, combinée à la furie de la répression des initiatives de rue nous montrent assez comment on compte nous recadrer, comme on « recadre » un enfant pas sage. Car c’est ainsi qu’ils nous voient, ces gens qui n’ont que le mot « pédagogie » à la bouche, à chaque fois qu’ils veulent nous imposer une nouvelle contre-réforme ultralibérale. Ils s’accommoderaient bien de nous voir bavarder la nuit jusqu’à épuisement, réduisant ce qui se passe à une extension de cette « résistance des terrasses » promue par les médias après les attentats. Alors, contre le recadrage continuons à sortir du cadre !

    Comme l’a montré ce bel épisode parisien du 5 avril, durant lequel une manifestation est partie de la place de la République pour occuper le Bd Saint Germain en solidarité avec les manifestants emprisonnés, la fusion des places et de la rue, des échanges libérés et des offensives spontanées est la meilleure manière de poursuivre ces pas de côté que nous avons fait, et qui peuvent mener loin.

    Le bouillonnement des places n’aura de sens que s’il déborde dans le temps et dans l’espace. Gardons intacte la colère initiale, sans laquelle nous n’aurions pas aujourd’hui tant de débats paisibles. Ne pas se laisser cantonner à la nuit permettra d’associer aux débats les innombrables qui ne peuvent se permettre d’être noctambules. Utiliser les places comme points de départ permettra d’aller remettre en cause à domicile les institutions qui, pendant que nous rêvons, nous préparent activement ce cauchemar : retour à la normale avec exploitation accrue et politique ramenée aux échéances électorales. Il ne manque pas de bâtiments officiels où nous pouvons poursuivre la confrontation.

    MULTIPLIONS LESBORDEMENTS !


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  • Nous sommes contre le travail

    jeudi 7 avril 2016

     

    Parce que nous sommes contre un système qui repose sur l’exploitation de tout et de tou-te-s.
    Parce que les administrateurs de ce monde transforment l’ensemble du vivant en marchandises sur toute de la planète.
    Parce que cette société n’a d’autres choix à nous proposer que la mise au travail, quelques miettes pour survivre ou l’enfermement pour les indésirables et les récalcitrant-e-s.
    Parce que le travail c’est vendre son temps, ses énergies, son corps et son esprit à des patrons, à des chefs, à des machines.

     

    Parce que le capitalisme et l’Etat prétendent avoir la main mise sur tous les aspects de notre vie et nous dépossèdent de plus en plus de toute autonomie et même de nos rêves de quelque chose de profondément autre.
    Parce que ce système de production effréné ne laisse pas d’en-dehors où chacun-e pourrait décider librement de ses activités.
    Parce que Papa Etat ne garantit des droits qu’au prix de notre liberté ; c’est le même qui lâche ses chiens de garde dans la rue, crée et militarise les frontières et fait la guerre aux quatre coins du monde.
    Parce que les restructurations (qu’ils appellent « crises ») signifient le durcissement de la misère, du cannibalisme social, des techniques et des technologies de contrôle.

    Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore nous sommes non seulement contre le travail mais surtout contre le monde qui en fait un pilier et un horizon indépassable.
    Si nous ne voulons pas aménager la longueur de nos chaines mais bel et bien les détruire, il n’y a ni négociation ni dialogue possible avec le pouvoir quel qu’il soit.
    Il s’agit donc de mener cette lutte au-delà des limites qu’essaient de nous imposer tous ceux qui ont intérêt à ce qu’elle étouffe dans les cadres existants (dont font partie les politiciens et les co-gestionnaires de tous ordres).
    Au lieu de toujours suivre des agendas posés par d’autres la question est d’étendre la révolte en décidant nous-mêmes de ce contre quoi nous voulons l’exprimer, en imaginant mille et une manières pour bouleverser ce monde, en nous associant et en nous auto-organisant sans chefs ni hiérarchie, en prenant l’initiative, individuellement et collectivement et par l’action directe. Ainsi il devient possible d’affronter les puissants qui prétendent nous dicter leur loi, pour en finir avec la guerre permanente qu’ils nous livrent à coup d’autorité, de fric et de flics.

    Les grands événements citoyens et médiatiques sont conçus pour réduire la révolte à une simple indignation démocratique et pour la faire rentrer dans les rangs de la politique et de la représentation. A l’inverse, s’attaquer directement à ce qui permet à ce système de fonctionner et de nous faire fonctionner ouvre à des possibilités d’arracher l’espace indispensable pour développer d’autres rapports.

    Les blocages et les sabotages ne sont pas de simples mots d’ordre, mais des pratiques bien réelles ouvrant des chemins pour sortir de la routine de l’exploitation et de la logique de consommation, y compris du spectacle de la contestation.

    Car, tant que les métros transportent le bétail humain, tant que le courant électrique alimente les usines de mort et les laboratoires du contrôle, tant que l’argent continue à circuler, tant que les écrans continuent de diffuser la propagande, tant que les fibres et les antennes assurent notre dépendance, tant que les artères de la ville impriment leur rythme à nos corps et nos esprits, tant que …

    … alors brisons le train-train quotidien !

    [Tract distribué à Paris (repris d’Indy Nantes) lors de la manifestation du 5 avril.]

     


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